Créer une entreprise, c’est comment? Ça se passe comment?

Alors jeune créateur d’entreprise dans la trentaine avec des projets dans la presse, la télécommunication et même l’audiovisuel avec un gros projet très sérieux de chaîne de télévision cablée dans le Val de Marne, j’avais eu un entretien durant l’automne-hiver 2002 ou 2003 avec un chef d’entreprise à la retraite de Seine Amont Initiative à la mairie de Vitry sur Seine.

Très peu familiarisé à l’époque avec la création d’un business plan, le miens, celui que j’ai présenté était super bien rédigé en matière de rêves et de projets plus ou moins réalistes voir complètement délirants, lequel faisait une centaine de pages tout en couleurs avec des illustrations mais ne contenant absolument aucun chiffre. Mais alors vraiment aucun chiffre. C’est cela même que mon premier mentor m’a reproché: il fallait que je redescends sur terre pour rendre mon projet viable, en particulier avec l’étude de marché que je n’avais pas présenté et dont j’ignorais vraiment ce que c’était même si j’en avais déjà entendu parler.

En ayant compulsé rapidement mon semblant de business plan, il s’est tout de même attardé sur certaines pages, car étant écrivain de formation, je savais raconter certaines choses qu’il avait trouvé intéressantes. Et c’est là qu’il m’a expliqué en gros ce que devait contenir au minimum un business plan: la partie de mobilisation des capitaux: ordinateurs, chaises, tables etc… Sans oublier le loyer et le téléphone et aussi l’internet. Et la projection dans le futur: le chiffre d’affaires estimé. Bref, j’étais vraiment l’amateur, le rigolo qui se baladait comme les écolos le nez en l’air les mains dans les poches pour s’infiltrer dans une manifestation et tenter de la récupérer pour son propre compte.

Ce mentor m’a bien fait comprendre aussi une chose, mon projet d’entreprise n’était pas une association, je devais en vivre. C’est à dire après avoir payé mes charges sociales, mes impôts et puis tout le reste, que je devais également avoir assez d’argent pour m’alimenter, alimenter ma famille si j’en avais une, m’acheter pourquoi pas une voiture, une maison et partir en vacances comme tout le monde. Et surtout placer de l’argent sur un livret d’épargne pour les jours ou on ne sait jamais, les clients ne sont plus là pour des raisons de crise économique par exemple. En gros en tant que patron, je ne trouverai que l’argent que j’aurais mis de côté car l’assurance chômage pour les entrepreneurs ce n’est pas fameux du tout.

En discussion mon mentor et moi, nous évoquions la vision d’un chef d’entreprise sur la gestion et l’anticipation. Moi je lui disais qu’un chef d’entreprise pilotait tout comme un pilote de chasse dans un Rafale en train de faire des acrobaties aériennes pour éviter les dangers et les obstacles. Mon mentor m’a gentiment ramener sur terre en représentant la vie d’un entrepreneur au volant d’une vieille bagnole constamment freinée, ralenti ou même stoppée par les feux rouge sans jamais passer à l’orange. Et que l’on place constamment des bâtons dans les roues des chefs d’entreprise.

Pas étonnant que toute l’industrie française ait quasiment disparue ainsi que les emplois, et que les rares usines qui restent vont bientôt fermer ou délocaliser.

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