
Le travail est tout à la fois une nécessité et un engagement.
Et ce qui n’est pas moins certain, c’est qu’il n’est aucun bien, petit ou grand, que le travail ne puisse acheter, aucune jouissance que le travail ne puisse donner.
L’homme ne lui doit pas seulement d’avoir pu se racheter des horreurs de la vie sauvage : il lui doit tous les
progrès, tous les bienfaits de la civilisation.
Napoléon, – ce trait est caractéristique – ne manquait
jamais, lorsqu’il inspectait quelque chef-d’œuvre de l’art
mécanique, de s’approcher, avant de partir, du mécanicien
ou ingénieur, et de lui faire, chapeau bas, un respectueux
salut.
Un jour, à Sainte-Hélène, comme il se promenait avec madame Balcombe, des domestiques qui passaient chargés de lourds paquets crurent pouvoir se dispenser de s’arrêter à
sa rencontre ; sur quoi leur maîtresse, d’un ton fâché, leur
enjoignit de se tenir à distance. Mais Napoléon s’interposa,
disant : “respectez leur fardeau, madame”.
Il est certain que, quelque grossier qu’il soit, le travail
du plus humble manœuvre contribue de façon ou d’autre à
l’accroissement général du bien-être.
Et l’on ne peut que louer la sagesse de cet empereur
chinois qui disait que “pour chaque homme qui ne travaillait
pas, et pour toute femme qui s’abandonnait à la paresse, il y
avait quelqu’un dans l’empire qui souffrait du froid ou de la faim.
SAMUEL SMILES


